Imprimante 3D : Une solu­tion à la crise ali­men­taire ?

Le monde d’aujourd’hui est le résul­tat de mul­tiples évo­lu­tions, de chas­seur nomade à séden­taire qui a ensuite mené à la sur­ex­ploi­ta­tion des sols. L’élevage et l’agriculture pré­sentent à pré­sent leurs limites. Avec la hausse de la popu­la­tion, nous avons besoin de tou­jours plus de ren­de­ment et d’une meilleure répar­ti­tion des den­rées. Ce que nous avons du mal à res­pec­ter et ce phé­no­mène tends à s’accentuer au fil du temps.

Et de nos jours, nous sommes 7 mil­liards mais on compte encore plus de 870 mil­lions de per­sonnes en sous-ali­men­ta­tion, dont 100 mil­lions d’enfants de moins de 5 ans. Une per­sonne sur huit en souffre. D’ici 2050, nous serons 10 mil­liards d’humains. Et si ce fléau per­dure, il y aura plus de 1 mil­liard de per­sonnes dans cette situa­tion.

Avant, elle ne ser­vait qu’à pro­duire du cuir syn­thé­tique ou ser­vait dans le domaine médi­cal prin­ci­pa­le­ment l’impression d’organes ou de peaux par exemple.

Pour l’instant, l’impression d’aliments reste à l’état embryon­naire. Les ali­ments ain­si pro­duits sont pour la très grande majo­ri­té, sem­blables aux ori­gi­naux. (Pâtes, pâtis­se­ries, etc) Mais tout n’est pas encore au point, par exemple les fruits impri­més ont une tex­ture de purée mais le goût et les apports ali­men­taires iden­tiques aux ori­gi­naux.

A l’avenir nous pour­rons repro­duire plus fidè­le­ment des pro­duits tel que les fruits, où il y a encore beau­coup de pro­grès à faire.

Voici un exemple d’imprimante 3D « bocu­si­ni », de la start up alle­mande Print2Taste.

Comment ça marche ?

Le prin­cipe est simple, l’imprimante chauffe les ingré­dients puis les dépose couche après couche sur le sup­port. Une autre méthode uti­lise les ingré­dients sous forme de poudre qui sont ensuite soli­di­fiés par l’imprimante.

Pour l’instant cer­tains ingré­dients sont plus faciles à uti­li­ser via ces méthodes tels que le cho­co­lat ou le sucre qui ont des pro­prié­tés phy­sique et chi­mique pro­pices pour l’impression 3D. Cela rend éga­le­ment pos­sible ou faci­lite des créa­tions ori­gi­nales et très com­plexes, comme on peut le voir sur cette pho­to.

D’autres ingré­dients plus com­plexes à repro­duire, comme la viande sont pos­sibles mais le pro­cé­dé néces­site encore des amé­lio­ra­tions pour être viable à grande échelle. En effet, pour pro­duire un mor­ceau de viande ou un tis­su vivant il faut pré­le­ver puis culti­ver des cel­lules souches pour les spé­cia­li­ser (c’est à dire qu’on va inci­ter les cel­lules non spé­cia­li­sées à prendre une forme qui carac­té­rise le tis­su vou­lu car la viande com­prend dif­fé­rents types de cel­lules spé­cia­li­sées). Placées dans des car­touches elles fusionnent natu­rel­le­ment lors de l’impression. Pour aller plus loin.

Qu’en est-il du goût ?

Pour ce qui est du goût, il reste fidèle par rap­port à un pro­duit plus conven­tion­nelle. Le goût est iden­tique pour le cho­co­lat, le sucre et les dif­fé­rentes pâtis­se­ries qui pour­raient en déri­ver. Il est éga­le­ment pos­sible de modi­fier ces saveurs en fonc­tion des goûts de l’utilisateur comme la démon­tré la firme Oreo lors du fes­ti­val SXSW 2014 où elle a confec­tion­né des bis­cuits avec des des­sins et des goûts en fonc­tions des demandes, dont voi­ci un exemple :

Pour ce qui concerne les tis­sus vivants, il existe une bar­rière psy­cho­lo­gique qu’il faut mettre en retrait si on veut abor­der ce sujet. Car on parle d’une viande, d’un fruit ou autre, conçu en labo­ra­toire. Certains pour­raient la trou­ver non natu­rel. Ce qu’il faut savoir c’est que le goût peut varier en fonc­tion de la spé­cia­li­sa­tion qu’on donne aux cel­lules. Donc on pour­rait tout aus­si bien impri­mer un steak, une entre­côte ou un mor­ceau de pou­let sans qu’il n’y ai de dif­fé­rence de goût.

Est-ce dan­ge­reux ?

Comme toute avan­cée tech­no­lo­gique, il y a des zones d’ombres à décou­vrir. Pour l’instant, on ne connait pas les consé­quences d’une uti­li­sa­tion mas­sive ou d’une consom­ma­tion à long terme. Mais à court terme et à petit échelle, il n’y a à prio­ri aucun risque.

Les divers ingré­dients uti­li­sés sont natu­rels et sont rem­pla­çable par l’utilisateur lui-même via les pro­duits pré­sent chez lui. Grâce à des car­touches rechar­geables, des recettes et des desi­gns pré­sent sur une pla­te­forme inter­net. L’imprimante étant doté d’une connexion wifi.

Mais je ne pense pas que le rechar­ge­ment soit pos­sible pour les cel­lules souches.

Est-ce coû­teux ?

Pour l’instant, la tech­no­lo­gie est assez récente donc pour un modèle per­son­nel, les prix varient beau­coup et n’est pas vrai­ment défi­nie allant de 549 et à 1000€ envi­ron. Pour le modèle Bocusini pré­sen­té dans cet article, il fau­dra débour­ser 549€.

Les prix en res­tau­ra­tions, n’étant pas encore répan­du, ne sont pas défi­nis­sables. On sait qu’il est pos­sible d’imprimer des plats cui­si­nés (des piz­zas par exemple) ou des pro­duits qui seront par la suite cui­si­né (des pâtes etc). Donc il est tout à fait ima­gi­nable de voir des prix « bon mar­ché ».

Les coûts de pro­duc­tion à grande échelle, par exemple rem­pla­cer le mar­ché de la viande par une viande arti­fi­cielle, ne peuvent pas encore être esti­més. Ça implique de très nom­breux fac­teurs, dont des fac­teurs incon­nus.

Quel ave­nir ?

Il y a un grand besoin d’innovations aus­si bien dans nos modes de vie que dans nos ali­men­ta­tions si on veut résoudre la crise ali­men­taire. C’est en étant réa­liste que je me per­met de dire : l’impression 3D peut être un fac­teur de la solu­tion. Il n’est pas pos­sible de chan­ger uni­la­té­ra­le­ment toutes nos habi­tudes pour une seule solu­tion. Il est néces­saire de pro­po­ser divers plans et mesures pour répondre effi­ca­ce­ment aux enjeux.

L’impression 3D a encore un long che­min à faire avant de pou­voir être vrai­ment effi­cace à grande échelle et à long terme. Non seule­ment elle doit réus­sir à être rapide et pro­duc­tive mais sur­tout elle doit réus­sir à convaincre. Il ne sera pas facile de convaincre les scep­tiques ou les ama­teurs de pro­duits bio qu’il est pos­sible de faire du bio ou du natu­relle même en labo­ra­toire.

Ce qu’il faut rete­nir c’est qu’à long terme il serait pos­sible de dimi­nuer la pol­lu­tion dû à l’élevage inten­sif des ani­maux et à une sur-exploi­ta­tion du sol qui en résulte. Élever ces bêtes néces­site de grandes res­sources car 23 des terres agri­coles dans le monde sont consa­crées à l’élevage ou à la pro­duc­tion d’aliments pour le bétail. Mais éga­le­ment réduire le gas­pillage d’eau, qu’entraîne l’élevage et l’agriculture.

3 Commentaires

  1. Imprimante 3D pour limi­ter l’exploitation agri­cole et ani­male, idée ori­gi­nale !

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