Les insectes, une alter­na­tive viable aux pes­ti­cides ?

L’utilisation d’in­sectes comme « pest-control »

Une tech­nique qui se déve­loppe petit à petit, com­mence à se faire connaître (notam­ment au tra­vers de confé­rences TED, ou autres articles scien­ti­fiques) et est de plus en plus uti­li­sée dans les petits champs de poly­cul­ture. Elle pour­rait bien chan­ger la façon de voir l’a­gri­cul­ture à l’é­chelle d’un par­ti­cu­lier. Vieille de plu­sieurs mil­liers d’an­nées va-t-elle faire son grand retour ?

Cette tech­nique est une nou­velle forme de « pest-control », tra­dui­sez contrôle des pestes, dans le sens des insectes (le plus sou­vent) et autres para­sites.

Ce « pest-control », qui consiste en l’u­ti­li­sa­tion d’in­sectes pour tuer les nui­sibles, est beau­coup mis en avant der­niè­re­ment grâce à ses effets béné­fiques sur l’en­vi­ron­ne­ment. En effet, grâce à ces insectes, il y a une baisse ou un arrêt com­plet de l’emploi de pes­ti­cides. vous vous deman­dez sûre­ment com­ment une telle amé­lio­ra­tion peut être pos­sible, et je vous répon­drai que c’est très simple.

Sommaire

  1. L’exemple des coc­ci­nelles
  2. L’évolution de l’u­ti­li­sa­tion d’or­ga­nismes vivants
  3. Une tech­nique miracle ?
  4. Une pos­sible révo­lu­tion dans l’a­gri­cul­ture bio­lo­gique ?
  5. Alors ? Une alter­na­tive viable à toutes échelles ?
  6. Envie de l’ap­pli­quer pour votre propre micro-agri­cul­ture ?
Biological pest Control

L’exemple des coc­ci­nelles

J’ai choi­si cet exemple parce que j’u­ti­lise per­son­nel­le­ment des coc­ci­nelles dans mon pota­ger. Je vais donc pou­voir don­ner mon expé­rience et mon res­sen­ti.

Les coc­ci­nelles sont des pré­da­teurs connus des puce­rons, d’autres petits insectes qui font se recro­que­viller les feuilles (donc une crois­sance de la plante moins impor­tante). Qui favo­risent aus­si l’ap­pa­ri­tion de fuma­gine (mala­dies des feuilles leur don­nant un aspect noir). Ou encore qui poussent les four­mis, entre autres, à être plus actives.

Ainsi, cer­tains agri­cul­teurs d’é­chelles dif­fé­rentes ont eu recours aux coc­ci­nelles pour éloi­gner ces para­sites.

Et c’est d’a­près cette idée que, depuis que je suis tout petit, ma famille et moi uti­li­sons des coc­ci­nelles.

Tout d’a­bord, pour pou­voir les uti­li­ser, il faut les trou­ver. Chez nous, nous avons une pis­cine, donc assez sou­vent en été et même au prin­temps, on retrouve des coc­ci­nelles sur le point de se noyer en ayant vou­lu boire. Du coup, on en pro­fite pour les mettre à côté de nos plants, afin qu’elles mangent les puce­rons.

Mais si vous n’a­vez pas la chance de pou­voir sim­ple­ment récol­ter les coc­ci­nelles de façon « arti­sa­nale », il y a des solu­tions : cer­tains maga­sins en vendent. On voit ci-des­sous une boîte de larves de coc­ci­nelles que l’on peut ache­ter sur inter­net.

boîte de 50 larves de coccinelles
pro­vient de Jardiner​-malin​.com

L’évolution de l’u­ti­li­sa­tion d’or­ga­nismes vivants

Cela fait plu­sieurs mil­lé­naires que cette méthode est connue. La pre­mière allu­sion à cette méthode est contem­po­raine à la nais­sance de Jésus Christ. Et au fil des siècles, plu­sieurs scien­ti­fiques et ento­mo­lo­gistes ont étu­dié et par­lé de cette méthode. Mais la pre­mière réelle uti­li­sa­tion réper­to­riée à l’é­chelle glo­bale date de 1912. La coche­nille était un nui­sible connu en Australie, mais avec les exports, elle réus­sit à conta­mi­ner des plants d’autres pays. C’est pour­quoi des dis­po­si­tifs pour relâ­cher des coc­ci­nelles ori­gi­naires d’Australie furent mis en place. En France, par exemple, les pre­miers lâchers se font dans les Alpes-Maritimes.

Suite à ce suc­cès d’autres pro­blèmes seront réso­lus par l’u­ti­li­sa­tion d’or­ga­nismes vivants. Mais d’autres fois le suc­cès ne sera pas au ren­dez-vous. Il y a l’exemple de la coc­ci­nelle asia­tique qui n’é­tait pas pré­pa­rée à ces condi­tions cli­ma­tiques mais qui a fait recu­ler les coc­ci­nelles alors pré­sentes durant l’entre deux guerres.

Avec les limi­ta­tions tou­jours plus res­tric­tives sur l’u­ti­li­sa­tion de pes­ti­cides en France et par­tout dans le monde, de plus en plus de champs et de culti­va­teurs plus tour­nés vers la ren­ta­bi­li­té, le ren­de­ment maxi­mal et l’im­port-export se retrouvent à l’u­ti­li­ser. Mais leur uti­li­sa­tion n’est pas non plus totale, donc il y a tou­jours uti­li­sa­tion de pes­ti­cides. Cependant, on doit sou­li­gner ce pro­grès car il va dans le sens des actions faites pour l’en­vi­ron­ne­ment.

Une tech­nique miracle ?

Cette tech­nique a plu­sieurs avan­tages :

  • la limi­ta­tion des pes­ti­cides et donc des effets néfastes qu’ils ont sur l’en­vi­ron­ne­ment et les humains.
  • les orga­nismes vivants font tout tous seuls. On n’a pas besoin de bien faire atten­tion à mettre tels pro­duits tel jour à telle heure. Non. Il faut juste regar­der qu’il y en ait assez sur les plants. En rajou­ter (si on achète les larves) quand il n’y en a pas assez.

Mais bien enten­du a aus­si des incon­vé­nients :

  • ce « pest-control » ne fait pas non plus par­tie des plus effi­caces. Malgré une effi­ca­ci­té déjà bien assez impor­tante pour un par­ti­cu­lier. La majo­ri­té des agri­cul­teurs pro­fes­sion­nels ne va pas l’u­ti­li­ser pour cela.
  • chaque para­site a son pré­da­teur, il fau­drait donc beau­coup d’in­sectes dif­fé­rents pour contrô­ler toutes les menaces pos­sibles. Rendant cette alter­na­tive encore moins ren­table.
  • contrai­re­ment aux pes­ti­cides qui sont rela­ti­ve­ment effi­caces quel que soit le temps. Les orga­nismes vivants dépendent de leur envi­ron­ne­ment, et donc de la météo.

Une pos­sible révo­lu­tion dans l’a­gri­cul­ture bio­lo­gique ?

Un TEDTalks de Shimon Steinberg (en anglais)
Quelques images d'insectes prédateurs
Provient du site de l’u­ni­ver­si­té du Missouri /​Integrated Pest Management

Comme le dit Shimon Steinberg dans cette confé­rence, il n’existe pas seule­ment les coc­ci­nelles. Mais il y a des cen­taines d’autres insectes pou­vant être uti­li­sés comme pest-control. Dont cer­tains étant plus ren­tables pour de grandes sur­faces ou pour des mono­cul­tures. Ou encore d’autres insectes plus spé­ci­fiques à cer­taines régions du monde.

Alors ? Une alter­na­tive viable à toutes échelles ?

Pas com­plè­te­ment. Comme dit pré­cé­dem­ment, à l’é­chelle d’un par­ti­cu­lier qui s’oc­cupe de son propre pota­ger c’est suf­fi­sant. Peu de par­ti­cu­liers uti­lisent des pes­ti­cides, et cette méthode est bien meilleure que de ne rien faire. Surtout qu’un petit pota­ger n’at­tire pas autant d’in­sectes dif­fé­rents que dans de grands champs. A plus grande échelle, les pay­sans iront sou­vent vers la solu­tion la plus ren­table, qui est celle des pes­ti­cides. Même dans l’a­gri­cul­ture bio­lo­gique, elle n’est pas for­cé­ment ren­table. Néanmoins, elle est quand même de plus en plus uti­li­sée en com­plé­ment des pes­ti­cides pour ne pas dépas­ser les taux impo­sés. Pour autant, elle n’est pas non plus tou­jours uti­li­sée car elle peut être moins ren­table que d’autre méthode n’u­ti­li­sant pas de pes­ti­cides.

Malgré tout, son uti­li­sa­tion est en plein explo­sion, et il se pour­rait bien qu’elle devienne un com­plé­ment voire même une uti­li­sa­tion com­plè­te­ment viable à l’a­ve­nir si on com­mence à valo­ri­ser les agri­cul­tures sans effets néfastes sur l’en­vi­ron­ne­ment et les humains.

Envie de l’ap­pli­quer pour votre propre micro-agri­cul­ture ?

Vous avez peut être été lais­sés ten­tés par cette méthode de contrôle des nui­sibles ? Pour ce faire vous pou­vez très bien les uti­li­ser pour votre pota­ger ou, pour ceux n’ayant pas la chance d’a­voir la place pour un pota­ger, des petites cultures en bal­con, petites cultures ver­ti­cales pour faire pous­ser vos propres plantes. Quoiqu’il en soit, voi­ci quelques liens pour en apprendre davan­tage, et pour que vous puis­siez mettre vous-même en place cette tech­nique.

Sources :

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