Le gas­pillage ali­men­taire

Le gas­pillage, qu’est ce que c’est ?

« Toute nour­ri­ture des­ti­née à la consom­ma­tion humaine qui, à une étape de la chaîne ali­men­taire, est per­due, jetée, dégra­dée », ain­si est défi­ni le gas­pillage par le Pacte National « anti-gas­pi” » de 2013. En France, on compte pas moins de 10 mil­lions de tonnes de nour­ri­ture gas­pillée chaque année dans le monde.

Gaspillage d'un légume Quelles sont les sources du gas­pillage ?

De la ferme a l’assiette, toute la chaine d’approvisionnement et de consom­ma­tion ali­men­taire est res­pon­sable. Il est vrai que le gas­pillage est sou­vent per­çu à tra­vers le consom­ma­teur final qui jette des déchets de son assiette. Mais en réa­li­té il n’est pas le seul res­pon­sable. D’après l’ADEME, la France a gas­pillé 18% de sa pro­duc­tion ali­men­taire des­ti­née à la consom­ma­tion humaine en 2016. En effet, le gas­pillage com­mence dès la récolte pour les fruits et légumes par exemple. Et pour causes : le calibre, la taille, un fruit « laid » ou qui ne cor­res­pond pas aux attentes de cou­leurs, formes sera éli­mi­né de la chaîne ali­men­taire, repré­sen­tant 32% du gas­pillage. Viens ensuite la trans­for­ma­tion des ali­ments qui en éli­mine 21%, afin de pro­po­ser des plats déjà pré­pa­rés. Les trans­ports et sto­ckages des ali­ments, qu’ils soient pré­pa­rés ou non ont, eux aus­si une part impor­tante, 14%, dans le gas­pillage : une chaîne de froid bri­sée ou tout sim­ple­ment un trans­port pas assez rapide de ces pro­duits entraîne leurs gas­pillage. Les pro­duits sont ensuite pro­po­sés aux consom­ma­teurs (par­ti­cu­liers ou res­tau­ra­tions) dans les maga­sins, qui refont une sélec­tion selon des cri­tères esthé­tiques et qui ont ten­dance, par sécu­ri­té, à jeter les pro­duits qui se rap­prochent de leur date limite de consom­ma­tion avant même que celles-ci ne soient atteintes. Enfin, 33% de ces ali­ments sont gas­pillés à la mai­son ou dans les res­tau­rants : oublis dans le réfri­gé­ra­teur, sur­plus d’achats par­fois liés à des pro­mo­tions, por­tions trop impor­tantes, habi­tudes ali­men­taires et conforts de vie qui ne poussent plus les gens à « finir leurs assiettes » ou enfin ambi­guï­té entre Date Limite de Consommation et Date Limite d’Utilisation Optimale

Le gas­pillage coûte cher.

Si cer­tains pensent que le gas­pillage est uni­que­ment un pro­blème éthique ou social, il coûte aus­si très cher puisqu’il repré­sente une perte de 10 mil­liards d’euros en France par an. Cette perte d’argent retombe majo­ri­tai­re­ment sur les consom­ma­teurs alors qu’une per­sonne sur dix en France a du mal à s’alimenter. Gaspiller revient alors à jeter de l’argent à la pou­belle.

Le gas­pillage implique en effet d’autres pro­blèmes, éco­lo­giques envi­ron­ne­men­taux.

Tout d’abord la pro­duc­tion d’aliments à un coût puisqu’elle uti­lise d’importantes res­sources : en eau, en sur­face agri­cole, en engrais, en éner­gie et en pes­ti­cide, autant de res­sources qui au final sont gas­pillées. Cette consom­ma­tion d’énergie néces­saire à l’alimentation ain­si que l’utilisation des engrais et pes­ti­cides par­ti­cipe à la pol­lu­tion. Toujours d’après l’ADEME, l’empreinte car­bone du gas­pillage ali­men­taire serait de prés de 15.5 mil­lions de tonnes d’équivalent CO2 par an en France. Le gas­pillage pose enfin un autre pro­blème, ou plu­tôt il le rend encore plus com­pli­qué : c’est le défi d’alimenter 50 mil­liards de per­sonnes en 2050.

Pas de solu­tion miracle mais des ini­tia­tives.

Non, il n’existe pas la solu­tion miracle mais on observe des orga­ni­sa­tions, asso­cia­tions et plans a dif­fé­rentes échelles. Tout d’abord à l’échelle natio­nale, le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation a été pion­nier quand a la loi rela­tive a la lutte contre le gas­pillage ali­men­taire qui vise par exemple à faire des dons aux asso­cia­tions plu­tôt que de gas­piller la nour­ri­ture. On observe aus­si plu­sieurs ini­tia­tives dans les res­tau­rants sco­laires avec des sen­si­bi­li­sa­tions dans les écoles, la pos­si­bi­li­té de deman­der des petites por­tions, etc.. . Enfin, un mou­ve­ment idéo­lo­gique « ten­dance » prend de l’ampleur et a pour objec­tif de man­ger mieux, man­ger bio, vivre de façon plus saine, moins consom­mer et moins gas­piller, favo­ri­ser aus­si le recy­clage, pour­quoi pas ali­men­taire ?

Sources :

Le Monde

ADEME

Ça suf­fit le gachis

FNE

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